Né Gérard Béziat le 12 août 1944 à Paris XVIIème. Décédé Jehan Jonas le 29 avril 1980 à l'Hopital de la Salpétrière à Paris. Un artiste rare, si talentueux, et dont l'oeuvre, soumise à la censure, reste méconnue.
BIOGRAPHIE

Nul doute qu'avec les années, Jehan Jonas aurait atteint la notoriété rebelle d'un Ferré ou d'un Béranger. Résolument moderne, voire futuriste, ce chanteur savait mieux que quiconque railler la société, ses travers, et la misère des comportements humains. Violence, pauvreté, politique, alcool, guerre, paix, amour, rien n'échappait à la verve acérée de Jonas. Mais la vie, aveugle et sotte, a stoppé net le chemin bouillonnant de cet artiste hors-norme. Né à Paris le 12 août 1944, d'une mère secrétaire et d'un père visiteur en tissus, Gérard Bréziat grandit à Levallois Perret, dans les Hauts de Seine. Première douleur lorsque sa mère quitte le foyer alors qu'il a deux ans, et le laisse entre son père et sa belle-mère dans leur deux pièces levalloisien de la rue Voltaire.

En 1958, le Certificat d'Etudes en poche, le jeune homme rentre en apprentissage à Ermont à la SNCF. Un métier d'ajusteur-électricien à mille lieux de ses premières passions : l'écriture et la chanson. Alors sans plus attendre, il donne un premier coup de pied aux conventions et devance l'appel dès 1963. Direction Chartres et un service militaire qui lui permettra, à moins de vingt ans, d'exercer son talent de chansonnier. On imagine aisément le bonheur de ses camarades de chambrée face à la gouaille anarchisante du chanteur en devenir. Lui qui manifeste déjà un esprit vif, rebelle, et foisonnant, trouve là un public attentif.

Ses permissions, il les passe à la terrasse des cafés avec sa guitare. Dès sa libération, en mai 1964, Jehan possède déjà une solide expérience et monte sur scène à la Contrescarpe, au Dom Camillo ou Chez Georges. De gala en concerts, il croise le chemin de Ferré et de Béart. Dès 1965 et son succès à l'examen de la SACEM, Jehan Jonas multiplie les prestations. Il écrit sans cesse et se retrouve rapidement à la tête de centaines de chansons. L'une d'elles, Comme dirait Zazie, devient son premire "tube" que diffuse largement France Inter et sur Europe 1 avec le soutien de Lucien Morisse.

 

 
 
 
 

Marié avec Laure-Françoise Gand-Cousin en novembre 1966, il devient petit à petit une étoile montante de la chanson. Dès 1967, il multiplie les apparations et passe même à la télévision, dans le célèbre Discorama de Denise Glaser, qui accueillit les plus grands (Brel, Brassens, Adamo, Nougaro, Ferré, Dutronc,...pour ne citer qu'eux). Parrallèlement à sa carrière de chanteur, ce touche-à-tout prolixe écrit sans répis. Sous son vrai nom ou sous divers pseudos, il publie théâtre, contes, romans pornographiques, essais, poésie,....

Alors que la vie lui sourit et que le couple Jonas adopte une petite fille en 1979, le malheur s'abat sur l'artiste. Il est hospitalisé en 1980 à La Salpétrière à Paris pour une tumeur au cerveau qui le détruit en l'espace de quelques semaines. Conformément à ses vux, Jehan Jonas est incinéré. Ses cendres sont répandues sur la Seine, depuis le square du Vert galant.   Alors que le chanteur était en passe de devenir un artiste incontournable du paysage francophone, son décès passe quasiment inaperçu. Aujourd'hui encore, son nom n'est connu que d'une certaine catégorie de public, malgré l'immensité de son talent.

 
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